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LE VENT -----
Lorsque
j’étais enfant, je gambadais
autour de la ferme, j’aimais
jouer avec les animaux.
Puis,
fatiguée, je m’asseyais dans
les hautes herbes et j’écoutais
LE VENT.
Alors
je me levais, je courais, je
voulais attraper LE VENT. Le
vent du nord, le vent du sud,
Le
vent violent ou la brise du
soir, le vent quel grand
mystère pour l’enfant que j’étais.
Je
courais, j’ouvrais tout grand
mes bras, je fermais les yeux,
je le sentais tout contre moi,
j’allais enfin le saisir, je
fermais mes bras très fort !
! ! rien, rien ne restait, je
me retournais et d’un
seul coup il me poussait très
fort, me bousculait, je tombais
ou je roulais dans l’herbe,
je riais ou je pleurais. Il
était fou, il me faisait peur
parfois. Les grands peupliers
se penchaient, se redressaient,
secouaient leurs feuilles
avec violence, avec des craquements
insupportables les branches
bougeaient et protestaient contre
les assauts du VENT. Monsieur
le Vent devenait méchant, alors
je rentrais dans ma petite chambre,
elle était mon refuge, mon lit
la sécurité, je cachais ma tête
sous l’oreiller pour ne plus
entendre ce vent hurlant.
Mais
il y avait aussi ce vent léger
du soir, la brise
, elle se glissait dans les
feuilles des arbres, elle
les effleurait, à peine, juste
pour une caresse, ce petit vent
léger parfumé de lavande, de
thym et de tilleul, des senteurs
humides de la terre du soir
venait tendrement effleurer
mes épaules nues.
Délicatement
je humais ce Vent si doux.
Les brebis, jusque là,
entassées dans le pré,
se mettaient enfin à brouter
l’herbe tendre, à reprendre
vie après la chaleur écrasante
du jour.
Le
Vent d’hiver, la bise piquante
souffle en janvier avec violence,
il fait froid et ce froid est
bien plus grand encore, il vous
transperce jusqu’aux os et rien
ne l’arrête. Petite fille, je
me souviens des soirs d’hiver,
à cette époque, la télé n’existait
pas et les adultes se réunissaient
pour la veillée au coin de la
cheminée, l’âtre comme on disait.
Nous
partions tôt, il faisait nuit
et les étoiles brillaient de
mille feux dans ce ciel noir
où la lune même ne brillait
pas.
Nous marchions quelquefois très
longtemps et lorsque dans la
cour de la ferme, FIDO le gros
chien noir aboyait de
joie, la porte s’ouvrait sur
une pâle lumière, nous
entrions mon père d’abord, ma
mère et puis mon petit frère
et moi. Le crépitement des flammes
dans la cheminée réchauffait
mon corps et mon cœur de petite
fille, les gâteaux me
donnaient
la joie de me retrouver avec
ces gens que j’aimais et qui
faisaient partie de mon
univers.
Au
dehors, le vent soufflait toujours,
et lorsqu’à la fin de
la soirée mon père se levait,
je savais que l’heure du départ
était toute proche, que
mon lit douillet était encore
loin, que ce sacré vent
du Nord allait encore gercer
mes lèvres. Dehors mon père
enveloppait mon frère sous sa
grande veste, ma mère prenait
un pan de son manteau, elle
enroulait ma tête pour me protéger
des morsures que Monsieur le
Vent voulait nous donner
en cette tardive soirée.
Et
dans mon lit bien chaud, avant
de m’endormir, je l’écoutais
encore siffler au coin de la
maison
je
lui disais « Je n’ai plus ni
peur, ni froid,
tu peux crier Monsieur le Vent,
tu peux aller hurler jusqu’à
la mer, je ne t’entendrai plus……
BONNE
NUIT Monsieur le Vent.
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