Noces d'OR

Demain ce sera notre anniversaire de mariage. Te souviens-tu de ce jour ?
Je t’attendais, debout, prés de l’autel éclairé seulement par quelques cierges et bougies.
Je te revois encore dans ta robe blanche immaculée
lorsque tu pénétras dans cette petite église au bras de ton père.
Comme pour nous encourager, le soleil vous nimbait de ses rayons d’or.
Tu étais mince, belle, rayonnante et fragile à la fois,
Tu n’avais pas vingt ans ! Tu m’étais si  désirable.
Le son de l’orgue, l’odeur de l’encens, la luminosité des vitraux qui dispensait des
faisceaux de lumière rouge sang, bleu carmin,
jaune pâle tout me donnait à penser qu’Amour  venait me saisir.
Lorsque tu avanças dans la nef, le prêtre,
la foule de nos amis et voisins, leurs enfants et bébés
tout le monde t’admira en silence,
Tous étaient figés devant ce miracle de la vie qui se  réalisait sous leur yeux.
Jésus sur sa croix,
Marie dans sa pauvre robe de plâtre bleu souriaient
sachant le bonheur qui  nous attendait.
Les années ont passé, d’épouse, tu es devenue,
mère et grâce à nos enfants grand-mère. Si
parfois, rarement nous connûmes des bas, des accrochages,
ils furent toujours de courte durée.
Chaque jour, chaque soir, chaque instant que Dieu nous donna de vivre que tu sois
proche ou loin de moi, je les ai passés avec toi toujours en mon cœur, en ma tête.
Jamais tu ne fus absente une seule minute.
Enfant encore dans les bras de ma mère je t’imaginais, te rêvais déjà, aujourd’hui, bonheur suprême, tu es mienne, tu es moi.
Dés l’école maternelle, lorsque je t’ai rencontrée pour la première fois,
tu devins ma copine,
la complice de mes jeux, la sœur que je n’ai jamais eu, celle qui anticipait mes envies, mes
bêtises, mes erreurs, celle qui partageait mes succès ou mes échecs.
La fille que je protégeais,
celle qui me consolait. Lorsque les gens apercevaient l’un de nous,
ils savaient que l’autre n’était pas loin.
Adolescente, tu fus naturellement mon premier et unique amour, ma référence.
Celle a qui j’ offrais les fleurs d’aubépine, le coquelicot éphémère,
celle avec qui je partais à vélo, avec qui
j’appris à danser, à regarder couler les ruisseaux et voler les nuages.
Chaque matin, nous nous  retrouvions et chaque fois j’avais la divine surprise de découvrir
que tu existais réellement que tu n’étais pas un songe.
Chaque soir, je te quittais la peur au ventre de te perdre.
Le temps passa et tout naturellement, tu acceptas de devenir ma femme.
Personne n’en fut  surpris, c’était dans l’ordre du monde.
Puis, la maternité et la paternité, couronnèrent notre fusion,
deux merveilleux petits êtres naquirent.
Enfants de l’amour, ils sont devenus cet homme et cette femme que les gens
admirent et qui seront demain près de nous.
Tes multiples attentions de chaque jour, l’intelligence de ton cœur,
la douceur de tes caresses,
la rigueur de leur éducation et surtout la chaleur de notre couple sont
certainement la cause de leur réussite.
De deux, par les miracles de la vie, nous sommes devenus quatre,
puis six lorsqu’ils se mirent  à fréquenter, à aimer eux aussi.
Adolescents, nos enfants enviaient parfois notre complicité, notre complémentarité, notre
tendresse et ce respect mutuel que nous avions l’un pour l’autre et envers les autres.
Aujourd’hui, ils sont comme nous, heureux de retrouver leur compagnon,
de former avec lui une âme en deux corps.
Après tout, ils appliquent ce que nous leur avons appris.
Demain en ce jour de fête, je veux répéter à nos amis,
à notre famille qu’à mes yeux, tu es
toujours aussi éblouissante, peut-être même plus qu’au premier jour,
lorsque je t’ai découvert
dans cette cours de maternelle ton petit sac à la main, avec tes petites couettes blondes, tes
sandalettes et chaussettes blanches et ton joli tablier rose.
Nos corps ont changé, des rides d’expression sont apparues,
notre volume s’est accru pour
mieux emmagasiner notre bonheur, comme toi, j’ai perdu en souplesse mais je veux qu’ils
sachent que j’éprouve toujours autant de plaisir ;
A me perdre dans le bleu de tes yeux aimants, caresser les rondeurs
que protègent ta peau
satinée, sentir le matin au réveil, le soir, la nuit, l’odeur de tes cheveux.
Echanger nos idées dans un silence total par le simple pouvoir de nos esprits.
Merci mon amour, merci d’exister, merci d’être ce que tu es, que serais-je sans toi ?
Pourrais-je continuer de te mériter, te rendre le centième du bonheur
que tu m’offres chaque jour du fait de ton existence.
Ah, s’il te plaît, demain, lorsque que j’aurai revêtu ce beau costume que nous avons été
choisir ensemble, ne me crée pas des problèmes de petit bonhomme, ne m’expédie pas au
sixième ciel devant nos amis pour le simple plaisir de montrer la force de notre union.
Soit  gentille, à notre âge, tu risquerais d’en choquer
beaucoup et d’en rendre certains malheureux
car ils comprendraient alors qu’ils sont loin d’avoir notre chance.
S’il te plaît mon amour, soit  sage demain !
Sinon, promis, juré, je te rendrai la pareille, tu rougiras et tu sais parfaitement
comment cela se terminera. Ne ris pas…
Si tu es sage, demain soir lorsqu’ils seront tous partis, nous irons sur
le banc dans le jardin ensemble
l’un contre l’autre, nous regarderons la lune, elle est pleine comme notre amour !
Je  t’embrasse tendrement.

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