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Mina la fourmi .

Dans
un coin de la fourmilière, Mina la
petite fourmi pleure.
Ce
n'est pas une fourmi comme les autres.
Elle
est née avec cinq pattes au lieu de six.
Personne
ne sait pourquoi elle est née comme ça.
-Je
ne suis pas comme les autres, je suis laide avec
une patte en moins,
Et
tout le monde pense en me voyant: "la pauvre
petite !"
Au
bout d'un moment, Mina sèche ses larmes et elle
reprend un peu courage, oh! juste un tout petit
peu, parce que ce n'est pas drôle de pleurer toute
seule au fond d'une fourmillière quand on a une
patte en moins.
Mina
descend à la salle des graines.
Les
ouvrières qui travailllent lui demande:
-
Qu'est-ce que tu veux, ma chérie,
Mina
répond fièrement:
-
Travailler, vous aider, faire comme vous.
-
Ma pauvre petite, quelle idée ! tu ne ferais que
nous gêner, et puis tu te fatiguerais.
_Le
rangemant des graines, ce n'est pas pour les fourmis
qui...les fourmis que...enfin, c'est pour les fourmis
qui... ont toutes leurs pattes.
-
Va donc te reposer, petite.
Et
tristement, Mina repart dans les couloirs.
Elle
arrive devant la chambre de la reine.
Là;
se trouve l'énorme fourmi qui pond des oeufs tout
le temps.
Elle
est entourée de servantes qui la brossent, la sèchent,
la peignent pour qu'elle brille dans sa beauté royale.
-
Qu'est-ce que c'est ?
demande
Sa Majesté en voyant Mina entrer.
-
Je...je voudrais vous aider, vous brosser, vous
lustrer, vous nettoyer la figure et les poils des
antennes, ou tout ce que vous voudrez !
La
reine prend un air poliment dégoûté et dit à mi-voix:
-
Mais elle est infirme !
Ôtez-la
de mon regard ça me rend triste, et quand je suis
triste je n'arrive plus à pondre.
-ça
y est ! hurle la reine.
Je
sens que j'ai un oeuf de coincé !
Les
servantes jettent Mina dehors en lui disant:
-
Tu n'as pas honte ?
Faire
coincer un œuf royal !
Et
Mina se trouve à nouveau dans les couloirs.
En
arrivant devant l'étable à pucerons, elle s'arrête
et regarde les travailleuses qui sont en train de
traire les pucerons.
Les
fourmis lèvent la tête et disent:
-
Bonjour !
-Tu
vas bien ?
-
Tu n'es pas trop fatiguée ?
-
Tu n'as pas fait de cauchemars ?
-
Tu as bien digéré ?
Pauvre
Mina !
Comment
parler avec des gens qui ont tellement pitié de
vous ?
Mina
répond des "oui " et des "non", et puis s'en va.
Elle
s'en va en se répétant:
"
Pourquoi suis-je différente des autres ?
Est-ce
qu'une patte en moins, c'est si important que ça
? "
Au
bout d'un couloir, c'est la sortie de la fourmillière.
Tout
essoufflée, Mina débouche au grand jour.
Les
pâquerettes sont des soleils géants.
Les
feuilles d'herbe tremblent, les gouttes de rosée
brillent de mille reflets.
Mina
regarde, émerveillée.
Et
puis elle écoute.
Partout,
des bruits légers:
des
"croiuc", des "crac", des
"chouououttt", des" frrrrt"...
Tout
le monde des animaux est au travail:
Chacun
à sa place, chacun à son petit train-train.
Alors,
Mina respire très, très fort.
Et
elle dit:
-Non
! ça ne se passera pas comme ça !
Et
la voilà qui redescend dans la fourmillière.
En
passant devant la chambre royale, elle crie bien
fort:
-Grooose
Madame la reine, ça m'est égal que vous n'aimiez
pas me voir !
Moi,
je n'aime pas tellement vous voir non plus.
Puis
elle descend, elle descend, elle descend jusqu'à
la salle des bébés.
C'est
là qu'on ouvre les cocons pour aider les nymphes
à sortir.
-
Je viens vous aider à ouvrir les cocons, annonce
Mina.
-
Ce n'est pas la peine.... commence à dire les ouvrières.
Mina
répond:
-
Si, justement, c'est la peine !
Si
jamais vient au monde une petite fourmi à qui il
manque
une patte, comme à moi, ou une antenne, ou une mandibule...
Que
saurez-vous lui dire ?
Moi,
je lui expliquerai qu'en dedans, elle est tout à
fait comme les autres. Et moi elle me croira.
Les
ouvrières regardent Mina et elles lui disent:
-
Allons, Mina, au travail !
Fin.
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